Le temps s'accélère, le temps se liquéfie, on pianote, on rame... dans le fleuve,l'ilôt de la rentrée. Je feuillette le Vogue, dans les pages glacées se profile une année pointue, rouge, à l'élégante sophistiquée et désirable. Les hommes y dessinent et y chaussent de jolies bottes, Bret Easton Ellis est encensé comme partout par Nelly Kaprièlian. Madonna y est très belle, toute lisse et lumineuse, elle danse dans une pub à l'ambiance sicilienne avec un jeune homme. Kate Moss est elle aussi encore là, avec des sacs, des bijoux, des fourrures et en bikeuse sexy et bouclée, dernière métamorphose, à la beauté vive et insolente. Elles ne vieillissent pas, moi si, le temps m'accroche tout de même dans Vogue, avec des circonvolutions bizarres...

Pour l'année artistique, Nicolas Trembley écrit : "Les matériaux se font plus précaires : papier journal, bouts de bois ou de béton brut remplacent les résines lisses et scintillantes. Certaines techniques plus traditionnelles et artisanales comme le dessin au crayon de papier ou la céramique contrebalancent les installations trop techniques. Les oeuvres sont plus modestes, fragiles, instables et ne s'affirment plus comme des produits de marketing fun.(...)". A la foire de Bâle, " Certaines peintures semblaient comme sorties d'un lointain passé où la matière pâteuse, un peu naïve, marquait l'indécision d'un travail fait main(...)." L'art découvre la crise donc ? Demain, je vais retrouver mon atelier après 2 mois d'absence. Je vais méditer sur ces termes "l'indécision d'un travail fait main", ils m'intriguent... et recommencer mes oeuvres modestes et instables. Désirables aussi ? A bientôt !