Adele for ever
Par Cathy, mardi 6 juin 2006 à 10:56 :: vrac :: #59 :: rss

A La Rochelle, il y a une librairie d'images (Bd et Jeunesse) assez incroyable et pas du tout comme toutes les autres librairies Bd que je connaissais (style librairie spécialisée où le tenancier est souvent un ex soixanhuitard revenu de tout et gentiment dragueur, la vendeuse une étudiante à humeur et le public des mecs gromellants et mal habillés). C'est la librairie Greffine, rue St Nicolas. Déjà l'espace est vaste, on peut passer entre les rayons, c'est éclairé naturellement donc on s'arrache pas les yeux, les propriétaires sont deux curieuses soeurs à cheveux gris -style dames patronesses- qui répondent à peine aux questions qu'on leur pose, les livres sont là sans qu'on sache pourquoi... Alors, on est tranquille pour feuilleter les albums, et vu que leur choix est assez irrationnel, on tombe sur des trucs qu'on ne regarderait même pas ailleurs... et IL Y A un rayonnage BD Indépendante (coin à gauche en arrivant). Ca sauve la vie ! Je ne dis pas que je ne suis pas en manque d'une Fnac ou d'un Superhéros mais quand même, c'est une très chouette et provinciale librairie.
Donc, j'étais la dernière fois en train de faire mon marché chez Greffine et je suis tombée sur le numéro 1 de L'étrangleur de Tardi : avant une parution en album, il lance sa nouvelle bd en 5 épisodes format journal avec couv et dernière de couv à sa sauce. J'adore Tardi, j'adore aussi le relire, ça me rassure qu'il continue à faire des albums, qu'il reste fidèle à sa ligne tout en continuant à pouvoir nous tenir avec ses adaptations de polar vieux style, son humour anarchisant et ses superbes mises en scène de Paris, du petit lait pour qui aime cette ville. Là, un vieil acteur déguisé en académicien se fait étrangler et comme c'est la deuxième fois qu'on essaie de l'assasiner il proteste avec un superbe "C'est ridicule !", ce qui ne l'empêche pas de s'écrouler sur le pavé mouillé...
Chez Tardi, il y a tous ces détails, les dessins du carrelage au sol, les vitraux dans les vieilles demeures, les chevrons du manteau de Brindavoine, les ondulations des bulles des personnages et des cheveux d'Adèle Blanc-Sec, tout à l'encre, en jouant des noir et blanc comme personne. J'ai déjà parlé des détails chez Tardi dans ce blog, je ne vais pas recommencer... Adèle, c'était mon héroïne pendant mon adolescence : donc un petit hommage plutôt à celle qui sait si bien s'endormir pendant que les hommes se battent, mettre ses pieds sur son bureau -amoncellement de journaux et de courrier en retard, comme il se doit - et boire au goulot comme une vraie femme. Olé.



Commentaires
1. Le mardi 6 juin 2006 à 11:41, par Pauline
2. Le mardi 6 juin 2006 à 11:54, par Cathy
3. Le mercredi 7 juin 2006 à 13:29, par nath
4. Le mercredi 7 juin 2006 à 22:05, par cathy
5. Le jeudi 8 juin 2006 à 15:36, par KhriKhri
6. Le vendredi 9 juin 2006 à 15:22, par Cathy
7. Le vendredi 9 juin 2006 à 23:22, par KhriKhri
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