Ca vous arrive à vous d'être si débordés que vous vous levez la nuit pour grifonner frénétiquement des listes de choses à ne pas oublier de faire, listes que vous perdez systématiquement le matin quand vous vous réveillez la boule au ventre, tellement vous êtes sûrs que jamais, au grand jamais vous n'arrivez à remplir le programme démentiel qui vous attend ? Démentiel, j'ai dit, pas passionnant vu que pour moi, c'était surtout des valises à remplir, du ménage à faire, de l'enduit, des boulots alimentaires, des allers et retours à des stages rollers-sports de raquette... J'en étais là, au fond du trou, quand par un réflexe de survie, une poussée d'extravagance, une urgence créative, une flambée de "surtout aller dans la fuite en avant, au point où on en est", je me suis armée de mon pinceau, de mon pot d'encre de chine et j'ai commencé à peindre sur le mur de la cuisine. Au départ, c'était tout petit, à peine un brin d'herbe, une feuille, et finalement l'arbre a grandi, il a pris les étagères, s'est lové dans le coin du plafond et est venu caresser le porche de l'entrée. Quel plaisir ! J'ai pas fini, ça prend des heures, les enfants y participent, quand je dessine vers la droite je sens le parfum des pêches trop mûres qui attendent vainement d'être mangées dans le saladier... Là, j'ai abandonné temporairement l'arbre, je suis à Arcachon sur un autre de ces confettis de bonheur qui nous font du bien à tous, soit la plage Pereire-marée basse-les enfants cherchant des palourdes-grand beau. Je vous souhaite tout pareil. Un peu de bonheur familial et bourgeois. Et du bonheur à faire des choses qu'on aime, envers et contre tout. A bientôt !

(La photo de ma frise géante est nulle, je sais, j'en mettrai d'autres si j'arrive au bout de cette grand oeuvre...)